Dimanche 17 juin 2007
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Chers amis,
Nos expérimentations les plus variées nous amènent encore à vous proposer une participation inattendue. Cette fois-ci vous avez
l'occasion de participer à notre cycle de causeries à distance qui se déroulera à priori sur 5 jours. Ce cycle s'est déjà déroulé en direct et fait donc l'objet d'une nouvelle diffusion.
Merci pour votre attention.
Ch . Jarrien en direct de la haute école alternative en pataphysique (HEAP).
P.S: il s'agit de la description de la mise en pratique d'un processus. Je vous conseille dans un premier temps de suivre tout ceci
d'une manière théorique, car il est un stade où vous ne serez plus en état d'accéder aux cours.
Comment devenir une huître : leçon en dix points, présentée par le professeur Ch. JARRIEN, méthodologue patenté de
la S.P.U (société du Père Ubu), (rien que ça).
Introduction
Nous allons aujourd’hui nous attarder sur le phénomène de la métamorphose. Celui-ci souvent appréhendé de l’extérieur (la
fonction crée l’organe et petit à petit lui donne sa forme) sera regardé sous l’angle d’un processus volontaire. Il sera donc question d’expérimenter une nouvelle méthode de transformation du
corps sans outillage spécifique, où l’action se déroulera de l’intérieur vers l’extérieur, l’aspect du corps représentant l’état et le rapport au monde de l’individu possédant ledit corps. La
métamorphose dont il sera question dans les instants qui vont suivre fera l’objet d’une véritable décomposition. Entre chacune des phases que nous allons présenter, un interstice béant se logera.
Il conviendra donc à chacun de le faire résonner (raisonner) comme il l’entend.
1er point : La Séparation
Pour opérer comme il se doit dans le cas qui nous occupe, un terrain se prépare, se défriche, se tasse, s’aplanit. Nous
commençons d’abord par faire quelques pas de côté, pour nous rendre compte qu’il existe un "à côté " que certains nomment parfois "tangente ". Grâce à ce déplacement latéral, nous
tentons une approche de ce lieu qui n’apparaît jamais à première vue. Cette approche est en quelque sorte un voyage d’éclaireur, on fait les premiers repérages, issus d’incessants aller-retours
d’une démarche rappelant celle d’un crabe. Ensuite un irrésistible mouvement sur le modèle de la descente d’une pente savonneuse a lieu. Progressivement, notre position de retour est de plus en
plus proche de ce monde de l’à côté, jusqu’à bien entendu finir par coïncider avec lui (c’est le but). Nous nous installons donc sur ce point précis qui fait la distinction entre le monde d’où
nous venons et des lieux à l’existence insoupçonnée. Il devient notre demeure et surtout notre point de vue. Il permet de voir des deux côtés à la fois. Pour l’instant les déplacements restent
possibles mais toujours du même côté, celui que nous connaissons déjà par cœur, que nous revisitons l’air heureux de mêler le connu et l’inconnu, et pour ainsi dire de faire du quotidien de
l’exotique. Nous menons alors des jours tranquilles à se nourrir du surprenant. Un effet d’estompe se met à l’œuvre et les voyages ne nous font plus que l’effet d’une surimpression. Alors arrive
le moment de la séparation véritable, celle qui nous fait connaître que nous pouvons être à la fois immobile et en mouvement. La seule pénétration dans le monde de l’avant devient oculaire et
nous restons fixé sur le point déjà mentionné.
2eme point : Le dedans et le dehors
Cette nouvelle position devient l’ultime passage du dedans (le monde de l’avant) et du dehors (la nouvelle perception). A cet
instant nous jouissons d’une totalité enivrante. Nous découvrons la plénitude d’avoir la capacité d’être à la fois, et j’insiste sur le "à la fois ", dedans et dehors. Il nous vient alors
plusieurs idées de jeux subtils dignes d’un passe-muraille. Les premiers mouvements métamorphiques apparaissent : diverses parties de notre corps se rangent d’un côté ou de l’autre ;
ceci sans cohérence véritable, l’espièglerie l’emportant sur le reste. Il faut alors tenter de rassembler le tout et les spasmes et les recroquevillements entrent en action. Mais tout ceci n’est
qu’un premier exercice, comme un échauffement si l’on peut dire. Pourtant un sentiment d’étrangeté commence à apparaître, car il est des parties de l’ancien univers qui sont maintenant
imperceptibles. Elles ne nous parviennent que comme des échos. Notre géographie mentale doit alors s’adapter, certains mondes réels ne peuvent être appréhendés que par les images qui nous en
restent et les bruits qui circulent. Et les autres mondes à venir font l’effet d’aimant puissant. Nous avons alors conscience d’être assis à califourchon sur un cheval à bascule, hésitant entre
garder le plus de contacts possibles avec notre précédent espace et partir à la découverte des promesses que nos yeux ont nouvellement imprimées.